Naturopathie

Phytothérapie : qu’est-ce que c’est et quelle place en naturopathie ?

Plantes, formes d’utilisation, interactions et précautions : découvrez la place de la phytothérapie dans un accompagnement naturopathique responsable.

Trainin Center··8 min de lecture
Plantes médicinales et précautions d’usage en phytothérapie
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La phytothérapie fait partie des approches fréquemment associées à la naturopathie. Tisanes, extraits végétaux, poudres, gélules ou teintures : les plantes peuvent être proposées sous des formes très différentes.

Mais « naturel » ne signifie pas automatiquement « sans risque ».

Certaines plantes contiennent des substances biologiquement actives, peuvent provoquer des effets indésirables ou interagir avec des médicaments. L’Anses rappelle notamment que les compléments alimentaires à base de plantes peuvent entraîner des effets indésirables et nécessitent une utilisation éclairée.

Pour un futur naturopathe, la phytothérapie ne consiste donc pas simplement à apprendre une liste de plantes et leurs usages traditionnels. Il faut également connaître leurs limites, leurs précautions d’emploi et savoir dans quelles situations orienter la personne vers un professionnel de santé.

Qu’est-ce que la phytothérapie ?

La phytothérapie désigne l’utilisation de plantes ou de préparations à base de plantes dans une démarche de santé ou de bien-être.

Les plantes peuvent être utilisées sous différentes formes :

  • infusion ;
  • décoction ;
  • poudre ;
  • extrait sec ;
  • extrait liquide ;
  • macérat ;
  • complément alimentaire ;
  • préparation contenant plusieurs plantes.

Il faut néanmoins distinguer plusieurs catégories de produits. Un complément alimentaire à base de plantes n’est pas un médicament et ne peut pas revendiquer librement des propriétés thérapeutiques.

Les allégations associées aux compléments alimentaires sont encadrées par la réglementation.

Pourquoi la phytothérapie occupe-t-elle une place importante en naturopathie ?

Dans de nombreuses formations en naturopathie, l’étude des plantes constitue une partie importante du programme.

Le futur praticien apprend généralement à identifier différentes plantes et à comprendre :

  • leurs parties utilisées ;
  • leurs formes de préparation ;
  • leurs usages traditionnels ;
  • les précautions d’emploi ;
  • les contre-indications ;
  • les interactions possibles ;
  • les situations nécessitant un avis médical ou pharmaceutique.

L’objectif ne devrait donc pas être de présenter une plante comme une solution automatique à un symptôme.

Une recommandation sérieuse nécessite d’abord de connaître suffisamment la situation de la personne.

Une plante peut-elle avoir des effets indésirables ?

Oui.

L’image positive associée au mot « naturel » peut faire oublier qu’une plante contient des molécules susceptibles d’avoir des effets sur l’organisme.

L’Anses souligne que certains compléments alimentaires à base de plantes peuvent provoquer des effets indésirables et que les consommateurs doivent être informés des précautions et restrictions d’usage.

Des situations particulières nécessitent également davantage de prudence :

  • grossesse ;
  • allaitement ;
  • enfance ;
  • personnes âgées ;
  • pathologies chroniques ;
  • prise de plusieurs médicaments ;
  • allergies connues.

Un naturopathe doit donc savoir reconnaître les limites de ses compétences.

Plantes et médicaments : pourquoi faut-il être prudent ?

Certaines plantes peuvent modifier l’action d’un médicament.

Cela peut notamment conduire à une augmentation ou une diminution de son effet.

C’est pourquoi une personne suivant un traitement doit éviter de considérer automatiquement un produit végétal comme anodin.

L’Anses recommande de signaler la consommation de compléments alimentaires aux professionnels de santé, notamment lorsqu’une personne prend des médicaments ou présente une situation particulière.

Pour le naturopathe, la bonne posture consiste donc à demander systématiquement quels médicaments ou traitements sont utilisés et à orienter vers le médecin ou le pharmacien lorsqu’une incertitude existe.

Phytothérapie et complément alimentaire : est-ce la même chose ?

Pas exactement.

La phytothérapie désigne plus largement l’utilisation des plantes.

Un complément alimentaire correspond à une catégorie réglementaire particulière de produits alimentaires destinée à compléter l’alimentation.

Un complément alimentaire ne devient pas un médicament simplement parce qu’il contient une plante.

L’Anses rappelle d’ailleurs qu’un complément alimentaire ne peut pas, par définition, revendiquer un effet thérapeutique comme le ferait un médicament autorisé.

Exemple : la mauvaise approche

Une personne explique à son naturopathe qu’elle dort mal depuis plusieurs mois.

Une mauvaise pratique serait de lui recommander immédiatement plusieurs plantes destinées au sommeil, sans rechercher davantage d’informations.

Le praticien devrait auparavant s’intéresser :

  • à la durée du problème ;
  • au rythme de sommeil ;
  • aux réveils nocturnes ;
  • aux médicaments ;
  • au niveau de stress ;
  • à la consommation de café ou d’autres excitants ;
  • aux conséquences du manque de sommeil pendant la journée.

Une insomnie durable peut nécessiter une consultation médicale afin d’en rechercher la cause.

Exemple : une approche plus professionnelle

Le naturopathe commence par comprendre les habitudes de vie et s’assure qu’aucun élément ne nécessite une orientation médicale.

Il peut ensuite travailler en priorité sur l’hygiène de vie : rythme du soir, activité physique, exposition aux écrans, excitants ou organisation du sommeil.

Ce n’est qu’ensuite que la question d’une plante peut éventuellement être envisagée, avec les précautions nécessaires.

Cette démarche illustre une idée essentielle : la phytothérapie est un outil parmi d’autres, pas le centre obligatoire d’une consultation naturopathique.

Peut-on apprendre la phytothérapie uniquement avec des fiches de plantes ?

Ce serait insuffisant.

Une formation sérieuse doit permettre de comprendre non seulement les usages associés aux plantes, mais aussi :

  • les principales familles de constituants ;
  • les formes galéniques ;
  • la qualité des produits ;
  • les risques ;
  • les interactions ;
  • les contre-indications ;
  • la réglementation ;
  • les limites du conseil.

Il est aussi important d’apprendre à chercher et à vérifier une information plutôt que de mémoriser aveuglément des centaines de recommandations.

Phytothérapie et responsabilité du naturopathe

La DGCCRF rappelle que les pratiques de soins non conventionnelles peuvent intervenir dans une démarche complémentaire, mais ne doivent jamais se substituer au suivi médical nécessaire au traitement d’une pathologie.

Le naturopathe ne devrait donc jamais :

  • promettre qu’une plante guérira une maladie ;
  • demander l’arrêt d’un médicament ;
  • retarder une consultation médicale nécessaire ;
  • présenter un complément alimentaire comme un médicament ;
  • minimiser une contre-indication.

Cette vigilance participe directement à la qualité de l’accompagnement.

Se former à la phytothérapie

La phytothérapie est ainsi une discipline passionnante, mais qui demande davantage que la connaissance de quelques remèdes traditionnels.

Dans la formation Praticien·ne naturopathe Trainin Center, l’étude des techniques naturopathiques s’inscrit dans une approche plus globale comprenant également l’anatomie, la physiologie, l’alimentation, l’hygiène de vie, la consultation et la déontologie.

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À retenir

Les plantes peuvent avoir une place dans un accompagnement naturopathique, mais leur origine naturelle ne garantit pas leur innocuité.

Le futur naturopathe doit apprendre autant les précautions et les limites de la phytothérapie que ses usages.